La Société historique francophone de l’Alberta

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Le Progrès et le Progrès albertain : 1909-1915

...la description

A106 Progrès albertaineLe journal Le Progrès est lancé au cours de la campagne électorale de février 1909. Il est fondé par Wilfrid Gariépy qui veut se donner un moyen de faire connaître son programme électoral. Le premier numéro paraît le 27 février.

Il s'agit du troisième journal francophone fondé en Alberta. À l'époque quatre journaux de langue française sont publiés : le Courrier de l'Ouest (1905-1916), le Progrès (1909-1915), l'Ouest canadien (publié janvier-mars 1911) l'Avenir de l'Ouest (un seul numéro en septembre 1911) et l'Étoile de Saint-Albert (un journal bilingue publié de novembre 1912 à juin 1914) On réfère à cette époque comme étant l'âge d'or du journalisme francophone en Alberta.

Par la suite, le journal appartiendra à T.L. Girard et J.Adolphe Nantel, à Romuald Morin (Adolphe Nantel en est resté l'éditeur). La devise du journal est alors "Notre religion, notre langue, nos droits".

Le 28 octobre 1909, Omer Saint-Germain achète le journal. Morin est resté directeur et Nantel est le rédacteur. Quand Saint-Germain prend en main le journal, les choses changent. Le 28 avril 1910, Saint-Germain établit la Compagnie de Publication du Progrès (Progressive Printing Company Limited) à laquelle il vend tout le matériel d'imprimerie. Il commande une presse de grand format pour publier à 8 pages et achète une propriété sur la rue Grandin à Saint-Albert et y déménage les bureaux. À compter du 9 juin 1910, le journal est publié sous nouveau format, semblable à celui des autres journaux de la province. Le rédacteur J.A Nantel contribue lui aussi au succès du journal pendant cette époque.

En janvier 1912, Gariépy rachète le journal. Gariépy et Saint-Germain forment alors la Progressive Printing Company Ltd incorporée le 2 janvier 1912. À l'époque, le journal se publie à 2 000 copies. Saint-Germain vend ses intérêts dans la compagnie à Gariépy en mars 1912 laissant alors Gariépy contrôler les trois quarts des actions du Progrès. D'autres personnes investissent dans l'entreprise et en novembre, Eugène Chartier devient directeur administrateur et gérant.

Alors que Gariépy est propriétaire du journal, celui-ci a une nouvelle devise : "Je me souviens". Pendant les trois prochaines années, de nouvelles machines sont achetées. Pendant un certain temps, on publie le journal à huit pages sur sept colonnes. En novembre 1912, Eugène Chartier devient le directeur du journal et celui-ci se donne comme but de faire du Progrès un journal d'idée, un médium de renseignements, un défenseur des droits politiques et le porte-parole de la population francophone du nord de l'Alberta. Il demande aux secrétaires de diverses organisations franco-albertaines de lui faire parvenir des comptes rendus de réunions et les nouvelles de leurs associations. Mais les organismes n'aident pas. Dans une lettre adressée à Ernest Bilodeau, le secrétaire de la Société du parler français d'Edmonton, Chartier fait état du manque d'encouragement du public envers son journal. Les Canadiens français ne lisent pas le journal.

En décembre 1913, Gariépy décide de changer le nom de son journal qui devient le Progrès albertain un organe de promotion pour la colonisation, un porte-parole des revendications des Franco-Albertains. Sa nouvelle devise est "Aux énergiques, l'avenir". Le centre d'opération du Progrès albertain est déménagé à Edmonton en février 1914. Mais les effets de la guerre se font sentir ; le journal ne publie plus que quatre pages. Toutefois Chartier, le directeur, demeure optimiste.

Mais la crise finale a lieu en août 1915 alors que le Edmonton Bulletin publie la manchette "Savage attack is made on hon. Wilfrid Gariepy in his absence ". Gariépy le ministre des Affaires municipales a accompagné le premier ministre Sifton à une conférence de quelques jours à San Francisco. Pendant son absence on publie, le 19 août, une édition spéciale du Progrès albertain. En première page, une photo de Gariépy qui souligne entre autres "que Gariépy avait fait plus pour l'abolition et la non-reconnaissance du français que tous les Orangistes mis ensemble". (Éloi DeGrâce, Le Progrès (1909-1915), 1983, p. 7)

Le dernier numéro du journal date probablement du 19 août 1915.

...où trouver les journaux Le Progrès et Le Progrès albertain

Malheureusement les journaux le Progrès et le Progrès albertain n'ont pas été numérisés. Un certain nombre de numéros originaux des journaux sont disponibles sur microfilm aux Archives provinciales de l'Alberta (APA), sur microfilm au Campus Saint-Jean ainsi qu'à la bibliothèque de l'Assemblée législative de l'Alberta également sur microfilm.

...l'Index d'Éloi DeGrâce - Le Progrès et Le Progrès albertain

Éloi DeGrâce précise que son index intitulé "Le Progrès (1909-1915)" a pour but de rendre accessible aux chercheurs les informations contenues dans le journal.

Le Progrès (1909-1915) (cliquez pour télécharger/ouvrir le document PDF)